Jeudi 11 août 2011
4
11
/08
/Août
/2011
01:26
Se sentir vide
inutile
larguée.
Se sentir incapable
faible
misérable.
Face à la douleur
au vide qui emplit toute une floppée de vies.
Face à ses pas,
ses allers-retours vers les canapés du salon.
Son livre à la main
la bougie qui jamais ne s'éteind, elle.
Elle attache des symboles
des actions
des coups de téléphone.
Incessants, incessantes.
Ne cesse pas.
Ne lâchera prise que forcée
n'y arrive pas.
C'est sa façon à elle de faire face.
Etre là
pour les autres.
Comme à chaque fois.
C'est sa force, ce qui lui donne celle de continuer aussi.
S'attacher à ses sourires.
A elle.
L'abeille.
S'attacher à ses promesses.
Aux bêtises qu'elle pouvait raconter
butinant nos sourires
pour mieux continuer à nous en arracher.
Un soleil.
Endormi.
Eteint.
Nuit.
Fin.
S'attacher à ce qu'elle avait de vivant,
pleurer les morts ne sert qu'aux survivants.
S'attacher à son chemin,
celui qu'elle empreinte désormais seule
la main dans nos creux
les vides qu'on lui laisse habiter dorénavant.
Elle n'arrive pas à dormir.
Elle gère.
Ma mère.
N'empêche que
tellement elle gère
grave
ben elle en dort pas.
Sa tristesse, sa peine,
elle est là.
Bah ouais hein.
Mais y'a tellement à faire
et pis tellement de jolies choses avant
à se souvenir,
plutôt que d'en décrépir.
Ca m'énerve !
Ca m'énerve de rien pouvoir y faire.
/ oui je sais, ce que tu "ne fais pas" c'est déjà beaucoup, gnagnagna/
Pour la première fois,
ce n'est plus elle que j'entend me dire cela.
C'est dans moi que je l'entend,
le crie,
me supplie :
Je voudrais pour une fois, soulager la peine de ma maman.
Prendre sur moi ce qui la happe
le porter pour elle
et la voir libérer, soulager et enfin
pleurer.
Oui aussi.
Ok, c'est un poil contractidoire,
et j'écris comme de la merde là de suite.
....
JE NE PEUX pas
porter la peine d'autrui.
JE NE PEUX pas
l'en soulager.
JE NE PEUX pas
lui faire oublier
ou l'obliger à SE poser. Puisque ce qu'elle vit, là, c'est sa façon à elle, de gérer, de poser. Enfin je crois. Enfin moi c'est ce que je ferais. Et on est bizarre dans la famille. Mais ça veut
pas dire qu'on ait raison.
Je peux juste me taire, et laisser vivre les lucioles (il fait nuit, et les abeilles elles dorment. Faut suivre merde ! )
Réalise juste que...
Ma maman, c'est un curé
un "passeur" comme à l'ancienne.
Avec tout l'affect en plus, que cette foutue grande dame peut pas s'empêcher d'y coller en prime.
Et sans les chichis crucifiés. Enfin sauf si vous insistez vraiment. Mais faut pas pousser nan plus. Pas trop. Bref.
Et que ledit passeur, il est là aussi bien pour les vivants, que pour ceux en passe de..., que pour ceux qui déjà, que bref....A l'ancienne quoi.
Alors merde,
prenez en soin.